MST/IST ou les joies du s3xe


Aujourd’hui, nous allons parler MST (Maladies Sexuellement Transmissibles), récemment rebaptisées IST (Infections Sexuellement Transmissibles) pour vous aider à y voir plus clair sur les différentes MST/IST et surtout à vous protéger au mieux contre ces infections qui passent, malheureusement, le plus souvent inaperçues.

Qu’est ce qu’une MST/IST ?

Les infections sexuellement transmissibles ou IST sont des infections dues à des bactéries, virus et parasites et transmises par voie sexuelle. En France, elles sont malheureusement en augmentation constante sauf pour le VIH, stabilisé depuis 2007.

Les IST se transmettent principalement par contacts bucco-génitaux, vaginaux ou anaux. Un grand nombre d’IST, notamment les infections à Chlamydia, la gonorrhée, l’hépatite B, le VIH et la syphilis, se transmettent aussi de la mère à l’enfant pendant la grossesse et à l’accouchement. Il est recommandé de faire un dépistage complet et préventif tous les 3 mois environ lorsque l'on a plusieurs partenaires sexuels et tous les an lorsque l'on est mono-partenaire.

Pourquoi on est passé de MST à IST ?

Depuis le Covid, le dépistage a globalement diminué or un dépistage tardif entraîne un diagnostic tardif et donc un nombre plus important de personnes potentiellement contaminées.

On observe également une propagation de plus en plus importante des IST depuis les années 2000 chez les moins de 30 ans, notamment des infections à Chlamydia et de la gonorrhée, que l’on explique en partie par une diminution de l’usage du préservatif.

On a ainsi changé de terme pour inciter au dépistage (infections vs maladies) car une grande partie des IST ne provoque pas de symptômes.

Comment se protéger des IST/MST ?

La prévention des infections sexuellement transmissibles est primordiale et passe principalement par :

  • l’utilisation du préservatif lors de tous les rapports (vaginaux, bucaux, anaux) est la prévention la plus sûre aujourd'hui. Bien que celui-ci ne permette pas de se protéger à 100% contre le papillomavirus, de l’herpès et de la syphilis qui peuvent se transmettre simplement en cas de contact.

  • la vaccination dans le cas du virus de l’hépatite B (VHB) et du papillomavirus (HPV)

  • dans le cas du VIH, la PrEP (prophylaxie pré-exposition) est désormais proposée aux personnes séronégatives qui, lorsqu’il est pris avant et après un rapport sexuel non protégé, permet d’éviter d'être contaminé.e.

 

Quelles sont les IST les plus courantes ?

On peut distinguer deux grosses catégories d’IST :

- les maladies bactériennes ou parasitaires qui se guérissent

- les maladies virales, dont on ne guérit pas mais dont on peut limiter les symptômes et la progression.

 

A. Les maladies bactériennes ou parasitaires curables

La syphilis

Très contagieuse, elle touche surtout les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes. La syphilis se manifeste par l’apparition d’ulcérations, appelées chancres, sur les organes génitaux : elles se caractérisent par des petites plaques indolores ou des boutons sur la peau et les muqueuses. Non traitée, elle peut entraîner des problèmes graves et permanents (lésions cérébrales, cécité ou paralysie). De nombreuses personnes atteintes de syphilis ne présentent pas de symptômes et ne savent pas qu’elles sont infectées. L’utilisation d’un préservatif ne permet pas de se protéger à 100% car certains chancres peuvent ne pas être couverts par le préservatif.

Dépistage par prélèvement sanguin.

Traitement : antibiotiques.

 

La gonorrhée ou plus communément la chaude-pisse

Due à une bactérie, le gonocoque, elle touche surtout les hommes de moins de 30 ans mais certaines femmes peuvent être touchées. Pour les hommes, on recense le plus souvent des picotements ou brûlures en urinant, ou des écoulements jaunes au niveau du pénis ou du rectum. Les femmes qui sont touchées peuvent ressentir des douleurs en urinant, pendant les rapports sexuels ou avoir des écoulements vaginaux jaunâtres/sanguinolents et des maux de ventre, parfois des angines peuvent aussi faire partie des symptômes. Non traitée, la maladie peut causer une inflammation de l’utérus et la stérilité. La femme enceinte peut aussi transmettre l’infection à son enfant.

Dépistage par prélèvement vaginal (plutôt qu’urinaire) chez la femme, prélèvement urinaire ou au niveau du pénis chez l’homme et prélèvement anal et/ou de gorge si sexe anal/oral chez la femme et l’homme.

Traitement : antibiotiques.

 

Les infections à Chlamydia

Causées par la bactérie Chlamydiae trachomatis : elles représentent les IST les plus fréquentes chez la femme, en particulier chez la jeune femme. La douleur au moment d’uriner (la miction) est l’un des symptômes, mais la maladie est le plus souvent asymptomatique. On peut observer parfois des douleurs au bas ventre, des sensations de brûlure ou écoulement anormaux par les organes génitaux. Le risque majeur concerne la fertilité des femmes touchées et l’augmentation des chances de faire une grossesse extra utérine.

Dépistage par prélèvement vaginal (plutôt qu’urinaire) chez la femme, prélèvement urinaire ou au niveau du pénis chez l’homme et prélèvement anal et/ou de gorge si sexe anal/oral chez la femme et l’homme.

Traitement : antibiotiques.

 

La trichomonase

Elle se manifeste chez certaines femmes par une augmentation des sécrétions vaginales, qui peuvent sentir mauvais et être de couleur jaunâtre/verdâtre et des douleurs lors de la miction. Souvent, les hommes n'ont aucun symptôme ; certains ont une sensation de brûlure en urinant ou après les rapports sexuels. La trichomonase peut augmenter le risque de contracter ou de transmettre d’autres IST telles que le VIH et les femmes enceintes atteintes risquent d’avoir des enfants prématurés et de faible poids de naissance.

Dépistage par prélèvement vaginal chez la femme et prélèvement urinaire ou urétral chez l’homme. Traitement : antibiotiques.

 

B. Les maladies virales, difficiles ou impossibles à guérir, selon le type de virus

 

L'hépatite B (VHB)

Provoquée par un virus très contagieux (VHB), l'hépatite B atteint essentiellement le foie. Les symptômes de l'hépatite B ne sont pas toujours présents et la maladie peut passer inaperçue. Elle peut se caractériser par l'apparition de fièvre, douleurs musculaires, nausées, diharrhées, urines foncées et teint jaunâtre. Son diagnostic repose sur une sérologie sanguine.

Dépistage par prélèvement sanguin. Peut se guérir sans traitement, mais on peut être aussi porteur à vie. Prévention vaccinale.

L’herpès génital

L'herpès génital peut passer également complètement inaperçu. Certaines personnes peuvent avoir été en contact avec le virus et ne jamais développer de symptômes de l’herpès. Elles sont susceptibles de transmettre le virus à un partenaire car le virus est présent sur leurs muqueuses de façon intermittente sans aucun symptôme. Les symptômes principaux si il y en a : Des vésicules (sorte de cloches douloureuses) qui apparaissent sur les organes sexuels et/ou l’anus et des douleurs quand on urine. Ces petits boutons peuvent être accompagnés de maux de tête, de ventre et de douleurs urinaires. Une femme enceinte ayant de l’herpès génital ou porteuse du virus doit être particulièrement surveillée car le virus peut être transmis à l’enfant et avoir de graves conséquences.

Dépistage par inspection des lésions par votre médecin avec prélèvement local pour confirmer, si besoin, le diagnostic. Traitement médicamenteux peut réduire les symptômes et les douleurs mais le virus n'est jamais éliminé.

Le papillomavirus humain (HPV)

80 % des femmes et probablement autant d'hommes présentent une infection à HPV à un moment de leur vie. Elle se transmet très facilement (avec ou sans pénétration) et c'est la plus fréquente des IST virales. Après la contamination lors des rapports sexuels, la personne ne présente le plus souvent aucun symptôme. Dans la majorité des cas l'infection guérit en quelques semaines ou mois. Mais, dans 10 % des cas, les virus du HPV peuvent persister et ils vont alors modifier le développement et la croissance des cellules et provoquer des verrues génitales ou annales (condylomes) ou des cancers (col de l’utérus, pénis, vagin, anus et gorge). Les préservatifs ne permettent pas de se protéger parfaitement car ils ne couvrent pas l’intégralité des parties génitales. Seule la vaccination des jeunes filles et garçons protège contre le HPV.

Vaccination de 11 à 14 ans en 2 doses et rattrapage possible en 3 doses de 15 à 19 ans.

Dépistage par frottis.

Traitement médicamenteux qui peut agir sur les verrues.

Le VIH

Le Virus de l'Immunodéficience Humaine s'attaque aux cellules du système immunitaire, principalement à certains globules blancs, affaiblissant les défenses immunitaires.

Dans quel cas parle-t-on de VIH ou de Sida ou de séropositivité ?

Quand une personne a le SIDA c’est qu’elle est déjà fortement infectée par le VIH. Mais toutes les personnes infectées par le VIH ne développent pas forcément le SIDA. Une personne qui est testée positive au VIH est quant à elle dite "séropositive", c'est à dire qu'elle est porteuse du virus sans que cela implique forcément qu'elle soit au stade SIDA ni même qu'elle y arrivera un jour.

Si l'on ne guérit toujours pas l'infection par le VIH, les trithérapies ou multithérapies (association de plusieurs médicaments antirétroviraux) permettent aujourd'hui à des milliers de personnes vivant avec le VIH de prolonger leur existence dans les meilleures conditions possibles.

 

Profitez-en pour tester vos connaissances sur le VIH et les autres IST grâce à notre recap sur les idées reçues liées aux IST.

 
 
  

En cadeau, quelques idées reçues sur les IST :
 
Les IST se transmettent uniquement lors des pénétrations non protégées.
FAUX. Les lésions dues aux IST comme les chancres/éruptions cutanées (syphilis), les condylomes (HPV), vésicules (herpès) sont très contaminantes et un contact cutané suffit pour qu’il y ait un risque de transmission.
 
Le préservatif protège contre toutes les IST.
FAUXjustement car certaines zones infectées (condylomes, chancres, vésicules) peuvent ne pas être couvertes par le préservatif. Un contact entre ces zones infectées et les muqueuses du/de la partenaire peut alors suffire pour qu’il y ait un risque de transmission d’une IST (HPV, herpès et syphilis).



 Deux femmes de dos en tanga
 Le traitement pris par une personne séropositive peut lui permettre de ne plus transmettre son VIH, même lors de rapports non protégés.

VRAI, si ce traitement a permis de diminuer la présence du VIH dans le corps au point qu’on ne le détecte plus aux analyses. On parle alors de charge virale (taux de virus dans le corps) indétectable : le VIH devient alors intransmissible même lors de relations sexuelles sans protection. Ainsi, indétectable = intransmissible.
 
Il n’y a aucun moyen de faire un cunnilingus de manière protégée.
FAUX, Avec un carré de latex c’est possible car il va recouvrir toutes les parois vaginales et empêcher tout contact entre la bouche et la vulve. Le carré de latex peut aussi servir à faire un anulingus de manière protégée. On peut découper un préservatif pour en fabriquer un.


Après une relation sexuelle non protégée, je peux directement faire un test de dépistage du VIH pour savoir si j’ai été infecté.e.
FAUX, Il faut attendre 6 semaines après la prise de risque (relation sexuelle non protégée, partage d’une seringue) pour faire un dépistage classique (prise de sang) et 3 mois pour un autotest ou test rapide. Ces délais d’attente sont indispensables pour rendre le résultat du test 100% fiable. Pendant ces 6 semaines, on peut prendre un traitement traitement post-exposition et d'un suivi sérologique pendant 3 mois.
NB l’un des avantages de l’autotest est que le résultat est obtenu immédiatement (il est « rapide ») mais le délai d’attente pour rendre le résultat du test 100% fiable est de 3 mois, c’est-à-dire le double que pour une prise de sang classique.
 
Un couple où l’un·e des 2 partenaires est séropositif·ve peut avoir des enfants de manière naturelle.
VRAI, si celle-ci a une charge virale indétectable. Elle peut ainsi avoir une relation sexuelle sans préservatif sans aucun risque de contamination et donc fonder une famille.
 
Une personne séronégative peut prendre des médicaments avant un rapport sexuel pour ne pas être infectée par le VIH.
VRAI, grâce à la prophylaxie pré-exposition (la « PrEP). La PrEP est un médicament proposé aux personnes séronégatives qui, lorsqu’il est pris avant et après un rapport sexuel sans préservatif, permet d’éviter la contamination au VIH. Ce traitement est composé d’anti rétroviraux et va empêcher le virus de s’installer et de se multiplier dans le corps. La personne reste alors séronégative.
 
La prise de sang est le seul test fiable à 100% pour la contamination au VIH.
FAUX, Quelque soit la méthode choisie, c’est le fait de respecter le délai d’attente en fonction du type de dépistage qui rend le test fiable à 100% à savoir :

  • 6 semaines pour une prise de sang classique
  • 3 mois pour un auto-test
 
Tout contact intime peut entraîner une contamination par le papillomavirus.
VRAI. Le virus HPV se transmet via le contact entre muqueuses et peaux infectées. Caresser les organes génitaux féminins et masculins infectés peut suffire pour être infecté·e.
 
Il faut uniquement vacciner les filles contre le papillomavirus (HPV)
FAUX. Les garçons sont autant à risque que les filles d’être infecté.e.s par le papillomavirus et il peut, chez eux aussi, provoquer des maladies.
 
Cela ne sert à rien de vacciner des adolescent·e·s vierges contre le papillomavirus (HPV)
FAUX. C’est justement avant les premiers contacts sexuels que le vaccin contre le HPV est le plus efficace. Il va stimuler la production d’anticorps anti-HPV qui vont agir efficacement en cas de contamination future. Il neutralisera le virus pour que l’infection ne puisse pas se développer. Le vaccin contre le HPV permet d’éviter les cancers (col de l’utérus, pénis, vagin, vulve, anus et gorge) et les condylomes (verrues génitales ou anales) causés par cette IST.
 
La fellation sans préservatif ne présente pas de risque de transmission d’une IST ?
FAUX. Il y a un risque de transmission - plus grand pour la personne qui fait la fellation que pour la personne qui la reçoit - de la chlamydia, l’herpès, la gonorrhée, l’hépatite B, le VIH et la syphilis.
 
On ne prend pas de risque en partageant une paille de sniff :
FAUX. Partager une paille de sniff représente un risque réel de transmission des hépatites B ou C.
 
Je peux utiliser n’importe quelle sorte de lubrifiant avec un préservatif
FAUX,.Seuls les lubrifiants à base d’eau ou de silicone peuvent être utilisés car les corps gras (vaseline, huile) risqueraient de fragiliser le préservatif et celui-ci pourrait se déchirer lors du rapport sexuel.
 
Pour conclure : le tout premier symptôme des IST/MST... C'est de ne pas en avoir ! Alors au risque de se répéter (oui mais c'est important !) : on se fait dépister toutes les 3 mois si l'on change de partenaire régulièrement, et au moins tous les ans si on on est mono-partenaire. Et on oublie pas que le préservatif ne protège pas contre toutes les IST/MST... raison de plus pour se faire dépister régulièrement.
Prendre du plaisir... OUI...mais en se protégeant et en se faisant dépister.
 
Pour plus de ressources :
 
Le planning-familial.org : l'association qui accompagne et éduque sur les sujets autour de la sexualité est plein de ressources (contraception, soutient à l'avortement, contraception et discriminations)
 
Preventionist.org : toutes les réponses sur les IST
 
Sida-info-service.org : l'association qui répond aux questions sur le SIDA et les IST.

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