Identité, genre, orientation sexuelle : où en sommes-nous ?

On est sans doute pas les seules à trouver que toutes les notions débats qui entourent le genre, l'identité de genre ou l'orientation sexuelle nous donnent le tournis, alors on vous propose d’essayer de vous fournir quelques pistes pour, d’une part, comprendre ce chapitre de Pluriel.le.s (c’est pas mal) et tenter, d’autre part, d’explorer ce sujet sereinement.

 

“Cela fait 5 ans que tu dis que tu es bisexuelle, mais en fait tu sais pas ce que ça veut dire”

Genre, orientation sexuelle : de la difficulté de savoir de quoi on parle 

Commençons par un petit détour par les fondamentaux :

Sexe et genre : Pour faire “simple”, disons que le sexe est une donnée biologique, tandis que le genre décrit ce que la société, à une époque donnée, définit comme féminin ou masculin. Il y a donc une construction sociale autour du genre, à la différence du sexe, qui est défini par les organes génitaux.

L'identité de genre : Elle fait référence à l'expérience intime et personnelle de notre genre : de se sentir du genre féminin, masculin, les deux, aucun ou autrement.

L’orientation sexuelle : L’orientation sexuelle d’une personne renvoie à l’attirance sexuelle qu’elle peut ressentir envers les autres, quelque soit son genre ou son sexe.

Par exemple : on peut naître de sexe masculin (donnée biologique = sexe), se sentir du genre féminin (donc tel que les femmes sont définies à un instant T dans une societé) (identité de genre), et ressentir de l’attirance pour les personnes de sexe masculin (orientation sexuelle). Et de là toutes les combinaisons sont possibles.

Petit lexique des termes évoqués relatifs au genre et à l'orientation sexuelle

  • Cis : C’est l’opposé de trans : cis en latin signifie “du même coté”, quand trans signifie “au-delà, à travers”). Cela désigne le fait d’avoir le comportement attendu par une société donnée par rapport à notre sexe de naissance. Ex : une personne de sexe féminin, de genre féminin, hétérosexuelle.

  • Trans : les personnes trans sont toutes celles qui ne s’identifient pas avec le genre associé à leur sexe de naissance, cela comprend aussi les personnes non-binaires.

  • Pansexuel(le) : Un individu pansexuel peut être attiré par tous les sexes et genres. Ex : une femme pansexuelle peut être attirée par une autre femme de genre masculin, aussi bien qu’un homme de genre masculin. Son attirance n’est pas définie par le genre ni le sexe de la personne, mais plus souvent des caractéristiques personnelles.

  • Bisexuel(le) : une personne bisexuelle est attirée envers plus d'un genre (féminin, masculin) ou envers une personne, peu importe son genre.

  • Lesbienne : Désigne une personne de sexe féminin qui est attirée par les femmes (indépendamment de leur identité de genre).

  • Fluide : Les personnes fluides sont des personnes pour lesquelles leur identité de genre ou orientation sexuelle variera au fil du temps. On peut également caractériser de fluide tout individu qui aura une orientation ou un genre inclassable par les termes existants.

“Je me suis construite comme une femme Cis hétéro : c’était très fort dans mon éducation (...)”

Normes sociales et construction intime, sexuelle 

À travers ce témoignage, c’est la dimension sociale de l’identité de genre et de l’orientation sexuelle qui est mise en avant. Ce que ça nous dit : il y a une forme d’injonction ressentie, quand on nait de sexe féminin dans une société (la nôtre par exemple), à adopter les comportements attendus par rapport à ce sexe donné. En gros, on peut se poser la question de savoir si, quand on est une femme, qu’on porte des robes et qu’on est attirée par les hommes c’est parce ce que notre société le reconnait comme la “norme” pour notre sexe et que l’on a été éduqué pour s’y conformer, ou si c’est réellement le reflet de notre identité vécue, intime et de nos attirances profondes. La réponse n’est pas évidemment pas binaire - sans jeux de mots - vous vous en doutez ;)

Des fesses de deux filles sur un lit qui sont un couple lesbien

C’est donc la (vertigineuse) question de la nature vs la culture qui se pose lorsque l’on questionne la part de construction sociale inhérente au développement de notre identité de genre et orientation sexuelle.

“Si je dis que j’aime les femmes et que dans 3 ans, je rencontre un gars (...), qu’est ce qu’on va dire ? ”

 

Difficultés d'identification et refus des étiquettes


Au travers de ces témoignages, c’est tout autant la difficulté à se définir qu’à refuser les étiquettes qui ressortent.

La peur d'être étiquetée, et enfermée dans une catégorie semble être un des freins majeurs à l’identification aux “catégories” existantes… Ce qui explique sans doute la multiplication de celles-ci.

L’identité Fluide, par exemple, repose sur le fait de ne figer ni l’identité ni l’orientation sexuelle au cours du temps, alors que l’identité pansexuelle repose sur le fait de pouvoir être attirée par n’importe quel sexe ou genre. Dans les deux cas, ces nouvelles identités incarnent le fait de ne pas figer l’identité sexuelle et de la laisser s’épanouir en fonction des rencontres, du temps.

"Oh finally”

 

La fin du besoin d'identification ? 

Au-delà du refus des étiquettes, n’a-t-on pas toujours besoin de s’identifier ou au moins de se reconnaître ? Les identités existantes sont autant de repères qui nous permettent de nous situer pour nous-mêmes, mais aussi pour les autres. Car si on peut se sentir entravé, limité par l’appartenance à une identité, n’est il pas également difficile de ne pas réussir à se reconnaître, se définir, malgré toutes les limitations que cela peut comporter ? On entend dans cette interview le soulagement (“Oh finally”) à se reconnaître, à partager des caractéristiques communes (même si elles reposent justement sur le fait de les refuser toutes).

“You keep finding names for me…but please just give me a break “

 

Lesbienne ? Pansexuelle ? Cis ? Give me a break ! 


Ras-le-bol des étiquettes, ça on avait compris, alors comment naviguer entre les normes sociales associées à notre sexe et notre propre ressenti, notre vécu intime, nos attirances pas toujours faciles à assumer, et leur évolution ?

Dans un premier temps, pourquoi ne pas tenter de considérer les identités existantes comme autant d’outils pour se (re)connaître et se définir plutôt que comme des “carcans” qui nous enferment ?

Pourquoi ne pas replacer ces questionnements dans le cadre d’une découverte curieuse et bienveillante de nous-mêmes et de notre épanouissement personnel, avec ce que cela implique d’acceptation de soi, et de temps…

Pourquoi ne aussi se foutre un peu la paix, et se le donner à soi-même ce fameux break sur notre identité, notre (nos) orientation(s)... ?


Pour explorer un peu le sujet de manière ludique : Discultons, le jeu qui (re)lance la conversation sur la sexualité sans tabou et avec bienveillance.

À travers ces questions qui abordent tous les aspects de la sexualité, le jeu a été pensé pour démarrer des conversations significatives, en apprendre plus sur l’autre et sur soi, redécouvrir ce qu’on pensait déjà connaître.

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